Tabou : Souvenirs

Publié le par Henrique

Tabou : Souvenirs

Prix de la critique FIPRESCI attribué en marge de la 62ème édition du Festival du Film de Berlin, Tabou / Tabu (2012) le troisième long-métrage de Miguel Gomes s’inscrit comme une œuvre de cinéma classique états-unien. L’auteur insuffle à son œuvre une dimension romanesque tout en réalisant un retour aux sources du film muet.

A Lisbonne, Pilar une femme d’un certain âge s’inquiète pour sa voisine vieillissante, Aurora. Cette dernière se révèle être une femme acariâtre qui se comporte mal avec sa femme de ménage, Santa. Pilar soupçonne Aurora de perdre la tête…

Divisé en deux parties (Paraiso perdido et Paraiso), Tabou est un film fait de contraste. Ville/campagne (jungle), vieillesse/jeunesse, monotonie/aventure,... ce long-métrage de Miguel Gomes est un mélange des genres (drame, romance, aventure,…) qui ne se laisse jamais deviner d’avance. L’auteur fait évoluer son œuvre à différent stade, nous racontant une histoire d’amour entre nostalgie et mélancolie. Il se dégage de l’ensemble une certaine forme de poésie qui réinvente les codes du film muet mais également la romance et le film urbain dans lequel les ruptures de ton donnent naissance à l’émerveillement d’une première fois. Par cette essence, le cinéaste nous parle dans une première partie de la routine, de la vieillesse mais aussi de la solitude. Il ancre son récit dans une ambiance quasi catatonique. Par la suite, dans une deuxième partie, il réinvente dans la forme le film muet en jouant sur les sons dégagé par l’environnement dans lequel évoluent des acteurs muets, dénués de tout dialogue. Leurs existences plus aventureuses nous sont racontées par le biais d’une voix off, narratrice d’un passé lointain et révolu, celui de l’Afrique coloniale.

Film sur la mémoire, Tabou questionne sur notre rapport aux souvenirs et au temps qui s’écoule inexorablement. Un beau film qui sait envouter comme ces images d’une Afrique du passé, à la fois sauvage et douce.

Portugal/Allemagne/Brésil/France – 1h50 – 35mm – N&B – 1.37 : 1 – Dolby Digital

FICHE ARTISTIQUE

Pilar TERESA MADRUGA – Aurora (âgée) LAURA SOVERAL – Aurora (jeune) ANA MOREIRA – Ventura (jeune) HENRIQUE ESPIRITO SANTO – Ventura (âgé) CARLOTO COTTA – Santa ISABEL CARDOSO – Mario MANUEL MESQUITA – Mari d’Aurora IVO MULLER

FICHE TECHNIQUE

Réalisation MIGUEL GOMES – Scénario MIGUEL GOMES, MARIANA RICARDO – Image RUI POCAS – Son VASCO PIMENTEL – Scripte et montage TELMO CHURRO – Monteur son MIGUEL MARTINS – Chef décorateur BRUNO DUARTE – Costume SILVIA GRABOWSKI – Chef électricien JOSE RODRIGUES – Conducteur du groupe JOAQUIM ANTUNES – Chef machiniste MANUEL RAMOS – Directeur artistique SILKE FISHER – Régisseur général JOANA VAZ DA SILVA – 1er assistant réalisation BRUNO LOURENCO – 2ème assistant réalisation RITA CABRAL – 1er assistant opérateur LISA PERSSON – 1er assistant décorateur CIPRUS COOK – Directeur de la production JOAQUIM CARVALHO – Production LUIS URBANO, SANDRO AGUILAR, THOMAS ORDONNEAU, JANINE JACKOWSKI, FABIANO GULLANE – Production SHELLAC SUD, O SOM E A FURIA, KOMPLIZEN FILM, GULLANE – Distribution SHELLAC – Avec le soutien du Programme Media, aide au développement et du CNC, aide aux Films en Langue Etrangère, de l’ICA et de la RTP, du Fonds de Hambourg et de la ZDF Arte, du Luso Brazilian Protocol et de Ibermedia.

Publié dans Cinéma, Miguel Gomes, Avis

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