Mon nom est légion, António Lobo Antunes

Publié le par Henrique

Mon nom est légion, António Lobo Antunes

Comme à son habitude, c’est ainsi que l’on pourrait commencer pour qualifier l’œuvre littéraire d’un António Lobo Antunes, auteur singulier narrant inlassablement ses obsessions par le biais d’un style propre. C’est comme à son habitude que l’écrivain investi Mon nom est légion / O Meu Nome é Legião (2011), œuvre jusqu’au-boutiste qui dynamite la littérature.

Mon nom est légion, c’est António Lobo Antunes qui nous jette dans le marasme d’une pléthore de personnages. Il n’y a pas réellement d’intrigue qui se dégage de ce livre reprenant certains thèmes chers à l’auteur comme la colonie et les conflits sociaux. Mon nom est légion se montre au lecteur comme une œuvre complexe, intense, épuisante et captivante. Elle dépeint dans le brouhaha de la vie et des vies qui survivent le racisme, la haine et la folie ainsi qu’un travail de mémoire, aspect récurrent des œuvres d’António Lobo Antunes. Ce dernier qui pousse les limites littéraires à son paroxysme nous raconte cette bande d’enfants livrés à eux-mêmes, comportements déviants nés au Portugal, ne connaissant rien de l’Afrique et survivants tant bien que mal dans le quartier du Premier-Mai, au nord-ouest de Lisbonne. De cette bande de délinquants, c’est donc un amas de personnages qui se succèdent, de bribes qui s’exposent à nous. Des sentiments bouillonnant fragmentés se racontent de façons brouillonnes. Les miséreux, les délaissés s’expriment et communiquent des sensations. Une expérience à part entière que Mon nom est légion nous fait vivre : sentir, voir, entendre… à chaque mot, à chaque page.

Mon nom est légion serait une « espèce » de roman policier aux divagations mélodramatiques teintées d’humour absurde. Un style qui comme à son habitude ne laissera pas indifférent.

France Culture : Extraits

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