Bonsoir les choses d’ici-bas de António Lobo Antunes

Publié le par Henrique

Bonsoir les choses d’ici-bas de António Lobo Antunes

Rentrons dans le (nerfs à) vif du sujet. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’António Lobo Antunes nous malmène quelque peu avec son roman : Bonsoir les choses d’ici-bas / Boa tarde às coisas aqui em baixo (2003). Que nous raconte alors l’écrivain lisboète à travers sa plume ? C’est difficile de le dire et d’en parler tant sa narration folle se détache de toute contrainte didactique. Á nouveau, l’Afrique sera le théâtre des opérations. On sait que Lobo Antunes y a fait les guerres coloniales durant les années 70, en Angola. Il nous emmène dès lors entre le Portugal et cette terre non pas rouge mais jaune de l’Angola où la guerre sévit. Que sait-on d’autre ? Des agents portugais sont envoyés sur cette terre de conflit armé pour faire le « nettoyage » mais aussi et surtout récupérer des diamants, l’objet de toutes les convoitises, encore plus en ces temps de guerre.

 

Avec Bonsoir les choses d’ici-bas, António Lobo Antunes nous plonge, nous jette en pâture sur le sol d’Angola, une contrée horriblement meurtrie. Il nous perd dans les limbes du temps. Entre la fin du conflit colonialiste et la guerre civile, nous errons dans un cauchemar éveillé quelque peu groggy de se laisser embarquer sans résistance aucune. Très honnêtement, on ne comprend pas toujours où veut en venir l’auteur d’ailleurs lui-même semble plus se laisser aller à divaguer qu’à construire une trame. Là où réside l’intérêt d’un Bonsoir les choses d’ici-bas ce sont les errances intérieures des personnages, plusieurs. Plusieurs voix qui se mêlent dans un mælstrom de monologues qui ne sont pas toujours facile à appréhender. Il y a une façon de réinventer le langage dans cette façon d’écrire. Tout est affaire d’écriture où se cache derrière elle ce chaos, une dénonciation du colonialisme mais aussi au milieu des trafics en tout genre : la dénonciation du racisme.

 

Bonsoir les choses d’ici-bas est un roman décontenançant. Ses nombreux monologues intérieurs qui s’expriment les uns au-dessus des autres, de manière mélangé interpellent. Il est à la fois éprouvant qu’envoûtant. Ils nous émerveillent comme ils nous perdent dans les méandres de la difficulté, celle de comprendre. La meilleure des choses étant de se laisser faire et transporter entre la vie et la mort, la peur et les souffrances d’un pays et d’individus confondus qui n’ont plus de patrie et d’existence.

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